Ce mardi matin, le site de l'union locale CGT-Mirail à Toulouse -UlcgtMirail- commémore à sa maniÚre le 11 novembre 1918 :

«Antoine Morange , FĂ©lix Baudy et Henri PrĂ©bost Ă©taient des militants du syndicat des maçons de la ConfĂ©dĂ©ration GĂ©nĂ©rale du Travail», racontent les cĂ©gĂ©tistes du Mirail. Ils ont Ă©tĂ© «fusillĂ©s pour l'exemple le 20 avril 1915 Ă Flirey, suite au refus collectif de leur compagnie de remonter Ă l'assaut de la crĂȘte de Mort-Mare »
La veille 19 avril, cette compagnie de 250 hommes refuse de partir à l'assaut et de quitter la tranchée: «Ce n'est pas notre tour d'attaquer»,
protestent-ils. Quelques instants auparavant, expliquent les syndicalistes toulousains, «parmi les quinze hommes qui venaient de sortir de la tranchée douze avaient été tués ou blessés et restaient là , sous les yeux de leurs compagnons».
«Le gĂ©nĂ©ral DelĂ©toile ordonne que les 250 soldats passent en cour martiale pour dĂ©lit de lĂąchetĂ© afin d'ĂȘtre exĂ©cutĂ©s. AprĂšs l'intervention d'autres officiers, cinq hommes sont finalement dĂ©signĂ©s et comparaissent, pour une parodie de procĂšs. L'un d'eux est acquittĂ©. Deux hommes ont Ă©tĂ© choisis par tirage au sort dont le soldat François Fontanaud.
Les trois autres : le caporal Antoine Morange, les soldats Félix Baudy et Henri Prébost (...) ont été désignés par leurs supérieurs en raison de leur appartenance syndicale à la CGT. Le général Joffre de passage dans le secteur aurait refusé sa clémence exigeant la plus grande sévérité à l'égard de la compagnie.
Le 20 avril, (les quatre hommes) sont fusillés à la lisiÚre d'un bois de Manonville.
Les fusillés pour l'exemple de Flirey s'ajoutent à ceux de Vingré, Fontenoy, Fleury, Mouilly, Montauville... En quatre ans, 2.400 poilus auront été condamnés à mort et 600 exécutés, les autres voyant leur peine commuée en travaux forcés.
La sĂ©pulture de FĂ©lix Baudy se situe dans le cimetiĂšre communal de RoyĂšre-de-VassiviĂšre oĂč une plaque, rĂ©alisĂ©e par ses amis maçons, y est posĂ©e avec cette inscription: "Maudite soit la guerre - Maudits soient ses bourreaux - Baudy n'est pas un lĂąche - Mais un martyr".
Chaque 11 novembre des militants de divers horizons viennent dĂ©poser une gerbe sur la tombe de FĂ©lix Baudy dans le cimetiĂšre de RoyĂšre-de-VassiviĂšre, aprĂšs s'ĂȘtre recueillis devant le monument aux morts pacifiste de Gentioux»libetoulouse