Vert Comminges

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lundi 23 novembre 2009

la neige de culture : un réel « grand écart » entre l’immédiat et le futur en matière de changement climatique


Les grands points d’un rapport livrĂ© par trois hauts fonctionnaires du Conseil gĂ©nĂ©ral de l’Environnement et du DĂ©veloppement durable – Michel BadrĂ©, Jean-Louis Prime, Georges Ribière - sur « La Neige de culture : Etat des lieux et impacts environnementaux, note socio Ă©conomique ». Un rapport qui met en Ă©vidence, entre autres, l’impossibilitĂ© de dresser un bilan sĂ©rieux de l’existant et le manque de conscience des opĂ©rateurs locaux – exploitants ou Ă©lus – face aux risques encourus par leurs destinations Ă  moyen ou long terme. OpĂ©rateurs qui n’ont qu’un seul prisme : celui de la gestion immĂ©diate du champ de neigeenviscope lire le rapport

La croissance revient. Est-ce vraiment une bonne nouvelle ?Bernard Maris - France Inter | Lundi 23 Novembre 2009

L’OCDE annonce le retour de la croissance pour 2010... Il ne faut pas forcément s'en réjouir... Je suis bien conscient que la croissance signifie de l’activité, des camions qui roulent, des banlieusards qui se pressent, des machines qui tournent, des turbines qui turbinent, des pêcheurs qui pêchents, des fraiseurs qui fraisent, des ateliers qui produisent des objets rutilants et notamment les merveilleux jouets de Noël qui encombreront bientôt les sapins, et dès lors, la croissance, c’est de l’emploi. Que celui qui ne souhaite pas d’emploi me jette la première pierre, tout le monde souhaite un emploi, moi le premier.

Mais ne sommes-nous pas arrivĂ©s au point oĂą la croissance en soi ne suffit pas ? VoilĂ  que les publicitaires eux-mĂŞmes se posent des questions sur le contenu de leur message ! Ils songent avec mĂ©lancolie, j’ai lu ça dans un journal dominical, qu’ils arrivent de moins en moins Ă  faire acheter Ă  ceux qui n’en ont pas les moyens ce dont ils n’ont pas besoin...

Comment donc redonner du goĂ»t Ă  la croissance ? D’abord, en promettant plus d’argent : travailler plus pour gagner plus, et, c’est vrai, six Français sur dix estiment qu’ils ne gagnent pas assez d’argent. Mais, chose curieuse, les quatre qui sont satisfaits se retrouvent Ă  tous les niveaux de revenu ! Autrement dit, quel que soit le niveau de salaire, la proportion des gens heureux et malheureux est la mĂŞme. C’est une Ă©tude très sĂ©rieuse de l’UniversitĂ© de Princeton qui le dĂ©montre !

Ce qui prouve Ă  quel point ce type d’études est sujet Ă  caution, c’est le taux de suicide selon les catĂ©gories socio-professionnelles : les catĂ©gories les plus dĂ©favorisĂ©es sont les plus touchĂ©es par le suicide, Ă  commencer par les ouvrier agricoles, qui de tout temps ont Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©s par le suicide. Inversement, l’idĂ©e que les hommes d’affaires et les traders sont soumis au suicide est fausse : l’économiste John Kenneth Galbraith est allĂ© consulter les statistiques de la ville de New-York pendant les mois d’octobre et novembre 1929, et il a constatĂ© que le nombre de suicides avait plutĂ´t diminuĂ©...

Autre exemple bizarre, la France de l’Occupation, où le revenu s’est effondré, et où l’espérance de vie a augmenté, notamment parce que le nombre de suicides s’est effondré. La croissance est donc un indice d’activité, d’emploi, de travail, certes, mais pas un indice du bonheur. On s’en doutait, mais c’est une bonne chose de le rappeler à moins d’une quinzaine du grand sommet de Copenhague sur le climat, où l’Europe aura son mot à dire. La croissance est une idée dépassée en Europe.

La phrase : « J’ai reconnu mon bonheur au bruit qu’il a fait en partant. » Jacques PrĂ©vert.

Lundi 23 Novembre 2009 Bernard Maris - France Inter

jeudi 12 novembre 2009

Les Français, champions du monde de l’anticapitalisme ? Par Ivan du Roy

C’est un sondage qui le dit. De la BBC britannique de surcroĂ®t. 29.000 personnes dans 27 pays ont Ă©tĂ© interrogĂ©es sur leur perception du capitalisme, des États-Unis au Pakistan, en passant par la France, l’Espagne ou l’Allemagne. Les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© publiĂ©s le 9 novembre : les deux tiers des personnes interrogĂ©es souhaitent que leurs gouvernements mettent en Ĺ“uvre une meilleure redistribution des richesses. Plus de la moitiĂ© demandent Ă  ce que les États jouent un plus grand rĂ´le pour rĂ©guler les marchĂ©s. Pourtant cela ne se traduit pas , en France , dans les faits. Sarko fait passer ses rĂ©formes ultra libĂ©rales en force sans que l'opposition institutionnelle s'en Ă©meuve beaucoup. Et la division des gauches ne laisse pas espĂ©rer dans un avenir proche beaucoup d'espoirs. Il semble que pour tous les chefs de files de cette gauche, les enjeux de pouvoirs soient plus important que la remise en question dans le fond de ce capitalisme qui mĂ©prise les gens et l'environnement.


Les Français, les Mexicains et les BrĂ©siliens sont les plus « radicaux » : ils sont respectivement 43%, 38% et 35% Ă  souhaiter qu’un nouveau modèle Ă©conomique voit le jour face au « capitalisme de libre marchĂ© » (« Capitalism free market »). Ils sont près de 30% en Espagne, 20% en Grande-Bretagne et moins de 10% en Allemagne. La grande majoritĂ© estime cependant que le capitalisme pose des problèmes qui peuvent ĂŞtre rĂ©solus par des rĂ©formes et une rĂ©gulation. Une minoritĂ©, importante aux États-Unis et – paradoxe – au Pakistan, estime que le capitalisme fonctionne correctement et que de plus grandes rĂ©gulations affaibliraient son efficacitĂ©.

Vingt ans après la chute du Mur de Berlin, le système capitaliste est donc loin d’emporter une adhésion enthousiaste, au Nord comme au Sud. Ce serait plutôt une grande insatisfaction. Reste à savoir sur quoi celle-ci débouchera. basta