C’est un sondage qui le dit. De la BBC britannique de surcroît. 29.000 personnes dans 27 pays ont été interrogées sur leur perception du capitalisme, des États-Unis au Pakistan, en passant par la France, l’Espagne ou l’Allemagne. Les résultats ont été publiés le 9 novembre : les deux tiers des personnes interrogées souhaitent que leurs gouvernements mettent en Å“uvre une meilleure redistribution des richesses. Plus de la moitié demandent à ce que les États jouent un plus grand rôle pour réguler les marchés. Pourtant cela ne se traduit pas , en France , dans les faits. Sarko fait passer ses réformes ultra libérales en force sans que l'opposition institutionnelle s'en émeuve beaucoup. Et la division des gauches ne laisse pas espérer dans un avenir proche beaucoup d'espoirs. Il semble que pour tous les chefs de files de cette gauche, les enjeux de pouvoirs soient plus important que la remise en question dans le fond de ce capitalisme qui méprise les gens et l'environnement.


Les Français, les Mexicains et les Brésiliens sont les plus « radicaux » : ils sont respectivement 43%, 38% et 35% à souhaiter qu’un nouveau modèle économique voit le jour face au « capitalisme de libre marché » (« Capitalism free market »). Ils sont près de 30% en Espagne, 20% en Grande-Bretagne et moins de 10% en Allemagne. La grande majorité estime cependant que le capitalisme pose des problèmes qui peuvent être résolus par des réformes et une régulation. Une minorité, importante aux États-Unis et – paradoxe – au Pakistan, estime que le capitalisme fonctionne correctement et que de plus grandes régulations affaibliraient son efficacité.

Vingt ans après la chute du Mur de Berlin, le système capitaliste est donc loin d’emporter une adhésion enthousiaste, au Nord comme au Sud. Ce serait plutôt une grande insatisfaction. Reste à savoir sur quoi celle-ci débouchera. basta